Un peu d’histoire...

Texte lu par Thierry Faramin
lors de la réunion publique du 9 novembre 2006
14 novembre 2006.
 

Rappel de la succession d’événements qui, depuis presque deux ans, oppose la population de Languédias au projet de carrière industrielle (production de granulats) du groupe Lessard.

Réunion publique Association Bien vivre à Languédias 09/11/2006 18h30

FAISONS UN HISTORIQUE

L’entreprise Lessard avait déposé début 2005 un premier projet d’extension de carrière sur notre commune de Languédias, sur le site du Petit Tertre - la Burie.

Il s’agissait bien ici d’un projet de type industriel, notre belle pierre devant être extraite et concassée pour donner du granulat.

Il était prévu que ce projet, s’il voyait le jour, durerait une trentaine d’années.

Le mécontentement de quelques riverains d’abord mais aussi très rapidement d’une bonne partie des habitants de notre commune a finalement été entendu par nos élus, M le maire obtenant alors de l’entreprise Lessard le retrait de ce premier projet, Monsieur Lessard précisant au passage que « ce projet sera réétudié en tenant compte des préoccupations des administrés ».

Dans la foulée M le maire a proposé à notre conseil municipal d’annuler une première délibération datant du 21 novembre 2003 et émettant à l’époque un avis favorable pour la vente des chemins communaux se trouvant sur les terrains achetés par l’entreprise Lessard.

Il est d’ailleurs bon de rappeler qu’annexé au projet de M Lessard figurait pourtant un document attestant que l’entreprise Lessard était soi-disant déjà propriétaire de ces fameux chemins !!!

Il semble alors complètement évident que la propriété de ces chemins soit un élément suffisamment important pour que M Lessard prenne à l’époque le risque de joindre à son projet une telle attestation... sur l’honneur !

Mais avec cette nouvelle délibération votée à l’unanimité par notre conseil municipal nous étions enfin tirés d’affaire : nos chemins communaux ne seraient plus vendus.

Je rappelle qu’à l’époque la mobilisation fut telle que nous avons recueilli 308 signatures lors de notre pétition contre ce projet de carrière à Languédias, et nous avons aussi enregistré jusqu’à 70 participants lors des différentes réunions qui se sont tenues et que cette délibération de notre conseil municipal, votée à l’unanimité je le rappelle, contre la vente de nos chemins communaux à M Lessard s’est faite devant une quarantaine d’entre nous, c’était début mars 2005.

J’en profite pour reprendre la déclaration de M le maire faite à l’issue de ce vote : « la partie n’est pas gagnée pour autant, mais on ne peut pas en faire plus pour l’instant ».

Et je me permets aussi de citer les propos de Mme Martine Hallouët, membre de notre association et qui déclarait à cette époque : « ne nous trompons pas de cible, il faut garder notre énergie pour lutter contre les carrières Lessard. Pour être forts il faut qu’on soit soudés, qu’on se fasse confiance et qu’on se respecte ».

Il semble effectivement qu’à cette époque tout le monde s’était soudé autour de ce refus d’implantation de la carrière Lessard : les riverains bien sûr, mais aussi les autres habitants de Languédias et leurs élus. Et tous ensemble nous avons rejeté le projet de M Lessard.

QUE S’EST-IL PASSE DEPUIS ?

Le 24 mai 2006 un nouvel avant-projet des carrières Lessard a été présenté à notre association, pas soumis, non, présenté.

Et ce vendredi 3 novembre une réunion de notre conseil municipal s’est tenue avec cet ordre du jour : « discussion sur le nouveau projet des carrières de Guitternel de Sévignac sur le site de la Burie à Languédias, remettant en cause la vente des chemins communaux ».

Fort heureusement aucune décision n’a été votée à l’issue de cette réunion du conseil municipal, mais il faut savoir quand même que la quasi unanimité des intentions de vote était cette fois en faveur de la vente de nos chemins...

En faveur de la vente de nos chemins communaux, mais que s’est-il donc passé pour qu’on en arrive là ?

Et bien voilà, M Lessard a fait des propositions de rachat de leur maison à certains des riverains les plus proches du site concerné, à savoir les habitants du Vieux Bourg, ces derniers ayant d’ailleurs signé 8 attestations en ce sens, attestations qui ont été présentées lors de ce dernier conseil municipal.

Je comprends la démarche de M Lessard, c’est un chef d’entreprise qui souhaite arriver à ses fins, on va dire que c’est de bonne guerre.

Nous sommes ravis pour ces personnes que le travail de notre association ait permis d’obtenir ce premier résultat, nous déplorons cependant qu’elles n’aient pas communiqué à ce sujet.

M Lessard a-t-il cru, ce faisant, acheter le silence, voire la complaisance de notre association ?

J’en profite au passage pour rappeler l’objet de notre association Bien Vivre à Languédias : « Non au projet Lessard à Languédias. Défendre la qualité de vie, le patrimoine, la sécurité et la santé des habitants de Languédias ».

En aucun cas il ne s’agissait d’un seul comité de soutien aux seuls intérêts privés des habitants du Vieux Bourg, les enjeux dans cette affaire me semblent être à une toute autre échelle, car c’est l’ensemble des habitants de Languédias qui s’est sentie impliquée dans cette affaire, l’intérêt est toujours réellement collectif et général.

D’ailleurs lorsqu’en mars 2005 M le Maire proposait de ne plus vendre nos chemins communaux à M Lessard n’a-t-il pas précisé, ayant entendu l’ensemble de ses administrés : « la décision de vendre ou non ces chemins communaux est un ordre du jour qui concerne tout le monde ».

Aujourd’hui M Lessard propose des transactions à quelques uns.

Mais quand bien même, acheter la maison et la complaisance de quelques personnes suffit-elle à rendre son projet pour autant plus acceptable aux yeux des nombreux autres opposants ?

Et les nuisances, dont on va vous parler encore, si le nouveau projet de carrière de M Lessard était déposé et voyait le jour, ces nuisanses s’arrêteraient-elles à la porte de ces quelques maisons ?

Non, je ne crois pas.

Et que dire alors de cette nouvelle contradiction, cette fois sans juste fondement, de la part de nos élus : pourquoi aujourd’hui devrait-on alors accepter de vendre nos chemins communaux à M Lessard alors qu’hier il n’en était plus question ?

C’est ça en faire plus aujourd’hui ?

Mais plus pour qui et de quel droit ?

Ces quelques personnes que M Lessard propose de dédommager si son nouveau projet voyait le jour ne représentent pas que je sache l’ensemble des opposants au projet des carrières Lessard à Languédias. Le simple fait que nous soyons aussi nombreux ce soir en est bien la preuve !

Pardon d’insister mais ce dédit de notre conseil municipal aujourd’hui est étonnant, je dirai même affligeant !

Notre atout maître dans cette affaire de carrière ce sont toujours nos chemins communaux et ils sont encore à nous, le combat n’est donc pas perdu, la cause est toujours défendable même si certains spéculent, ils sont d’ailleurs minoritaires que je sache.

PARLONS UN PEU DE CE NOUVEAU PROJET DE CARRIERE

Ça reste encore et toujours une carrière industrielle, je ne rentrerai pas dans les détails techniques, d’autres le font mieux que moi, non simplement il ne faut pas oublier qu’il s’agit toujours d’une carrière in-dus-trielle.

M Lessard, en plus de ses coups immobiliers avec certains propose cette fois de faire une route pour dévier Bel-Air et ça c’est son atout maître à lui.

Il aurait d’ailleurs contacté certains habitants de Bel-Air et je comprends tout à fait que certains puissent dans un premier temps voir d’un bon oeil son projet dans la mesure où il est assorti de cette proposition de déviation de Bel-Air.

Mais ne nous y trompons pas, cette déviation restera simplement une voie privée dédiée aux camions de M Lessard.

Et ne peut-on dire que cette déviation serait dores et déjà une bonne chose par rapport aux seules nuisances actuelles dues aux navettes de ses camions de Quélaron ?

Et doit-on pour autant et afin de limiter cette nuisance là dire oui à M Lessard et accepter de nouvelles nuisances pour tous les habitants de Languédias cette fois, ceux de Bel-Air inclus s’il nous implante sa nouvelle carrière en plus ?

Ça serait tout de même bien cher payé pour simplement obtenir la déviation de Bel-Air, quartier déjà pollué il est vrai par la simple existence du site de Quélaron en Mégrit, non ?

M Lessard a-t-il assuré aux habitants de Bel-Air que son nouveau projet de carrière si près de chez eux, quand même, verra ses nuisances bloquées de l’autre côté de la déviation qu’il propose de faire pour ses camions ?

Et qui va dire à la ménagère de Languédias qu’il ne sera plus possible d’aérer sa maison ou de mettre son linge à sécher dehors à cause de la poussière ?

Qui va expliquer qu’il faudra accepter de rouler dans des voitures tout le temps sales ?

Mais cela n’est rien bien sûr à côté de la réelle dangerosité de ces fameuses poussières de carrière.

Il nous faut déjà faire avec le radon, ce gaz cancérigène qui est là à l’état naturel, mais que l’on peut combattre en ventilant nos habitations.

Mais si on ventile en faisant rentrer dans nos maisons de la poussière de carrière, aussi dangereuse que l’amiante, on ne sera pas plus avancés.

Il paraît que les poussières de carrières mettent environ 48 heures avant de se déposer, elles auront donc le temps de bien se propager partout sur notre commune.

Pensons à nos enfants aussi dans cette affaire !

Et que dire aux personnes ayant déjà des problèmes respiratoires ?

Et que dire d’une vie rythmée par le bruit des tirs de mines, du concasseur et des camions ?

On peut déjà se faire une idée en tendant l’oreille puisqu’il n’est pas rare d’entendre ces bruits en provenance de Quélaron, il suffit juste de multiplier l’impression par 10, 100, 1000 ?

Je ne veux même pas imaginer combien !

Mais nous en aurons peut-être bientôt un aperçu en tendant l’oreille vers La Landec puisqu’il y serait prévu une intensification de l’exploitation de la carrière Gicquel, une enquête publique à ce propos étant en cours.

APRES IL SERA TROP TARD

Et dans le doute ne vaut-il mieux pas s’abstenir ?

Car après tout qu’allons-nous gagner dans cette affaire, je veux dire bien sûr que va retirer la commune de Languédias et l’ensemble de ses administrés en permettant à M Lessard d’y implanter sa carrière ?

Est-il ici question de créer des emplois ?

La réponse n’est pas claire : création d’emplois inférieure à 10. Le premier projet en prévoyait un ou 2, un ou 2 c’est aussi inférieur à 10 !

Alors combien précisément ?

On a entendu dire lors du premier projet qu’il y aurait des retombées financières générées par la Taxe Professionnelle ?

Pour ce deuxième projet cette fois, et après discussion, il n’en serait plus question.

Qu’en est-il vraiment ?

Il serait peut-être bon quand même que M Lessard nous chiffre tout ça, sachant qu’il existe des possibilités pour éviter, au moins provisoirement, de payer de la Taxe Professionnelle, et que cette fameuse Taxe Professionnelle sera peut-être bientôt réformée, notre gouvernement y songe.

On ne pourrait donc même plus spéculer sur des retombées financières pour notre commune.

« HABITANTS = ECOLE = COMMERCE »

Ce sont les propos de M le maire, propos que j’ai relevé dans l’écho des granits de janvier 2005.

Que M. le maire nous explique alors comment on peut à la fois vouloir dynamiser sa commune par la création de lotissements et dire oui au projet des carrières Lessard à Languédias.

Qui va acheter les terrains et y faire construire dans ces conditions ?

Va-t-on informer les futurs habitants, locataires ou propriétaires, des risques qu’ils courront en venant s’installer alors à Languédias ?

Mais il ne sera peut-être plus nécessaire de construire, certains d’entre nous partiront peut-être et vendront leur maison pour cause de carrière industrielle.

Car n’oublions pas que nous sommes tous concernés, si ce projet voit le jour nos maisons ne vaudront plus rien.

M Lessard a-t-il prévu de nous indemniser tous, nous aussi ??? Je n’en ai pas l’impression.

Et si nous vendons nos chemins communaux et qu’ensuite M Lessard nous implante sa carrière, si certains d’entre nous décident de vendre, qu’elle qu’en soit la raison, nous ne serons même plus en position d’en négocier le prix ni avec M Lessard puisqu’il sera déjà implanté, ni avec personne d’ailleurs car elles ne vaudront vraiment plus rien du fait de son implantation chez nous !

Je reprends les propos de M le Maire qui dit bien ne pas avoir d’actions dans la carrière Lessard : « qu’elle se fasse c’est bien ou qu’elle ne se fasse pas c’est bien aussi », et je pose alors cette simple question à nos élus à qui nous soutenons le contraire : qu’on nous explique en quoi il serait bon pour la commune de Languédias que cette carrière voit le jour ?...

Et je leur demande aussi de bien vouloir nous entendre à nouveau comme ils ont déjà su le faire la première fois car il n’est pas encore trop tard.

Notre commune n’a rien à négocier avec M Lessard, la proposition d’achat de 8 maisons et son projet de déviation privative sur Bel-Air ne sont rien en comparaison des nuisances supplémentaires que nous pourrions subir, et en l’absence de réelles retombées positives pour toute la commune et cela sans même parler de la perte de valeur de nos maisons.

Ne lui vendons pas nos chemins, de façon définitive cette fois, et nous verrons ensuite quel projet il nous présentera.

Notre présence à tous à la prochaine séance du conseil municipal qui débattra à nouveau de nos chemins est indispensable, cette présence devra être nombreuse mais silencieuse, et gageons qu’alors M le maire et nos conseillers municipaux sauront nous entendre, puisqu’ils se doivent d’être le reflet de la volonté de la majorité des habitants de Languédias.

Et si jamais M Lessard redéposait malgré tout ensuite un nouveau projet sachez que le commissaire enquêteur avait déjà signalé la première fois dans ses observations que « la mobilisation de la population de Languédias contre le projet (initial) a été importante et doit être prise en considération ».

Il sera alors important le moment venu de nous faire entendre à nouveau et de prendre tous encore une part active à l’enquête publique.

Mais d’ici là donnons-nous tous rendez-vous à la prochaine réunion du conseil municipal devant débattre du sort de nos chemins car l’enjeu dans un premier temps il est bel et bien là, et jusqu’à preuve du contraire ces chemins ils sont encore à nous, et ce n’est pas uniquement la non opposition à leur vente par les propriétaires de seulement 8 habitations qui doit être entendue quand nous sommes beaucoup plus nombreux à ne pas souhaiter leur vente.

Merci à celles et ceux qui ne manqueront pas d’adhérer à notre association et de nous faire connaître car nous ne serons jamais trop nombreux, et sachez que notre présence à tous aux réunions publiques est très importante et qu’elle devra encore peser dans la balance.

Thierry Faramin, Président de l’association Bien Vivre à Languédias

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